Karim GHELLOUSSI

EXPOSITION DU 27 janvier au 25 février 2006
vernissage le vendredi 27 janvier à 18 heures



Le travail de sculpture de Karim Ghelloussi se bâtit sur une association d’objets disparates qui assemblés entre eux, livrent une proposition poétique. Les formes et le sens des éléments mis en dialogue sont issus de champs de référence si éloignés qu’ils s’entrechoquent, dégageant ainsi une relation analogique d’une chose à une autre, rencontres inopportunes ou rebus d’objets. Principalement, ce sont des compositions de matériaux trouvés, préfabriqués, auxquels l’artiste ajoute un élément de bois, étagère ou socle, construit par lui-même et qui sert de base à l’envolée lyrique.
Le point d’équilibre, la juste balance entre la forme et le sens, est également ici une notion fondamentale au langage poétique de l’œuvre. Volontairement l’artiste crée un déséquilibre, une cassure, fragilise une composition jugée trop stable, cherche le point de neutralité des formes et des sens, du geste qui construit –ou détruit- et du préfabriqué, des pleins et des vides, des volumes et des hauteurs. Mettant en suspens l’achèvement final, l’œuvre semble non fini et ainsi flotter librement entre deux mondes.


Caroline Andrieux, Un isthme à Montréal (extrait), 2005

 
Karim Ghelloussi est né en 1977. Il vit et travaille à Nice où il bénéficie d’un atelier aux Entrepôt Spada. Diplômé de la Villa Arson, il y présente sa première grande exposition en 2003. En 2004, il a réalisé une résidence aux Arques suivie d’une exposition au musée Zadkine et à Montréal. Depuis 2005, il est représenté par la galerie Catherine Issert.
     
 
D.R.A.S, 2005, 182 x 179 x 179 cm

"Comment d'une pratique naît une poétique qui, représentée, devient objet d'exposition...
Soit un programme artistique d'investissement de la sculpture compréhensible en deux mouvements.
Un premier mouvement, permanent, correspondant au temps de la
pratique en tant qu'elle relève de l'expérience. c'est l'élaboration dans le cadre de l'atelier, fût-il symbolique, d'un ensemble de signes, de
matériaux, de gestes, aussi de postures, qui vise à l'extension constante du domaine des possibles. S'y dessinent des ébauches de méthodes qui relèvent autant de l'exercice que de l'occurrence, avec en creux la
volonté de défier la résistance du médium : introduction des arts mineurs, d'un horizon non-occidental, etc.

Considérant que c'est la forme qui toujours génère du sens, et non l'inverse, posons, en un second mouvement, la représentation comme mode de médiation. La sculpture, instant de la représentation, agit alors comme pause (dans le temps) et pose (dans l'espace), du flux de l'expérience, et rend ainsi possible sa médiation. C'est dire qu'elle n'est qu'un au-deçà figé, ex-posé.
[...] L'élémentarité du dispositif fait tension avec la multiplicité des images convoquées. C'est sur cette tension que s'articule la construction mentale, au sens où la grammaire est l'articulation d'un discours".


Karim Ghelloussi, Bordighera, 3 mars 2002 (extrait)

 
 
 
 
 
 
 
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