C’est une histoire déjà ancienne comme commencent parfois les contes. Histoire d’amitié, d’émulation, bref collective, quelque peu « familiale » même... Cela avait commencé en 1987 avec Erik Dietman et Bertrand Lavier sous la houlette de Bernard Marcadé dans le même écrin...
Tel un sérial, cette catégorie de feuilleton qui rythmait le temps fictionnel du siècle de Fantomas, Jean-Michel Albérola réapparaît chez Catherine Issert.
Si l’amitié et l‘émulation collective sont désormais des souvenirs, la fidélité trouve l’occasion de se dire aujourd’hui. La fidélité est une rémunération du temps comme Mallarmé disait que la parole rémunérait la langue. Fidélité à l’espace d’une galerie, fidélité à la peinture, fidélité à l’histoire de l’art.
De ce dernier point de vue, toujours herboriste iconographique, Jean-Michel Albérola rassemble, agence, monte. Sans doute le dessin a-t-il privilégié la ligne et émoussé la brusquerie des rapprochements et des effets de collage. Pourtant, la ligne se fait plus souvent contour. Mais, désormais, les compositions privilégient fréquemment la transfusion et la métamorphose, un peu à la manière de ce passage qu’Albérola n’oublie pas, entre des célibataires et une mariée...
Il fut un temps, Albérola esquissait et suspendait le sens. Aujourd’hui, il suggère, il diffère. Les contradictions s’affirment aussi, à l’instar du monde réel contemporain et de ses maux qui frappent plus fortement à la porte de l’atelier.
« Comme au cinéma » dirait-on : çà glisse d’une image à une autre, mais les contrastes colorés n’en disparaissent pas pour autant.
Et puis l’écriture s’impose. Elle ne commente pas seulement l’image, elle est devenue image. Ce qui se lit se voit. Et le contraire sans doute... En ce sens la fresque murale est devenue l’acte quiassocie lire et voir. Comme les réclames de la fin du siècle de Baudelaire.
Dominique Païni , avril 07


 
 
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