Après ses images-pochoirs réalisées au henné pour l’exposition chez Catherine Issert en 2005, Aïcha Hamu s’entête dans son nouveau projet Dramaout à élaborer des figures qui puisent leur source dans des images issues de l’univers mass-médiatique. Elle propose ici, à partir d’un casting interlope, des lectures aux infinis possibles de scénarii incongrus.
Dans Dramaout, toutes les histoires convergent vers une certaine idée de la falsification de l’Histoire. La série Ghosts (une galerie de portraits féminins à la façon de photos de plateau des icônes du cinéma hollywoodien) invite ici des personnages qui n’ont eu comme rôle que celui d’avoir commis des meurtres dans notre réalité. Toutes défuntes, elles nous réapparaissent sous forme de peau translucide, comme des présences ectoplasmiques prises en sandwich entre deux plaques de verre.
Ici Brigitte Bardot fait également partie du décor - des personnages, de l’histoire, allez savoir ? Ce qui est quasiment sûr, c’est que son image contemporaine viendra s’inscrire, en un pochoir d’usure sur satin, épinglé à un trophée de chasse aux murs de la galerie.
Là, un long morphing au format cinémascope, réalisé à partir de centaines d’images fixes de bouches grimées, ondule en une danse sans fin. Cette apparition, à la fois glamour et inquiétante se présente comme un personnage à part entière et nous renvoie à la référence du titre, emprunté à une aventure de Bob Morane (dans Le Maître du silence,
Zorg, le sultan de Dramaout, un pays imaginaire, drogue son peuple pour le réduire au silence).
Comme dans le Hollywood Babylon de Kenneth Anger où tout n’est pas exactement brillant comme il se devrait, la scène se constitue au fil des rapports étranges entre les différents acteurs présents sur le plateau/galerie autant que dans les fantasmes narratifs propres à chaque spectateur/visiteur.
Et de scène en scène, semble ainsi s’amorcer une manière de film…


 
 
 
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