Pierre DESCAMPS, Sans Titre 2008

Des lettres, des titres dogmatiques, des planches de skateboard usées, des bribes d’architectures qualifiées par leurs usures, ou peut-être plutôt des fonds structurant le dessin, des supports tenant fébrilement des traces pseudo-picturales, et des faux-vrais ready-mades de sculptures abstraites.
Concrêtement, des sculptures en béton , en pierre ou en bois, des photographies systématiques, des dessins, le tout porteur d’une histoire personnelle marquée par la musique, le skateboard, et un esprit de rebellion adolescente trop fermement ancré pour s’en aller, mais trop désenchanté pour être officiellement engagé.
Ni un travail réellement autobiographique, ni une encyclopédie des icônes d’une génération, l’assiduité au travail est ici au service de l’intention de faire de l’art comme un bastion possible de libertés, ouvert par l’histoire de l’art.
Double sens donc pour chacune des pièces, entremêlant révérences admiratives à des artistes ou à leurs mouvements, à des éléments d’une histoire personnelle, qui ironisent de se trouver ainsi cristallisés; le tout servant d’autant de prétextes à réfléchir chaque intention, dans l’espoir que cette réflexion serve à découvrir un terrain imprévu.

 


Gaël PELTIER, Sans Titre 2006

Au travers d’images fictives inspirées du monde du cinéma, Gaël Peltier recrée un monde singulier. Ici pas d’objets (à part les écrans et projecteurs qui ne parlent que d’absence), mais des photos et des vidéos. L’artiste s’y met souvent en scène lui-même, dans des scénarios qui exigent parfois une longue préparation, au niveau de sa condition physique, ou au niveau de l’action qui peut se dérouler en plusieurs épisodes, et sur des années. Parfois la fiction se réalise, devenant elle-même événement, comme lorsque l’artiste pénètre dans une voiture par effraction et y installe le personnage qu’il va photographier.
Les objets prennent parfois une grande importance : gants, montres, volant, veste, visages ou mains pris en gros plan. Des cadrages qui ne sont pas anodins, et qui, autant que le choix des objets eux-mêmes, affirment l’intention de l’artiste. L’image finit par se raconter elle-même plus qu’elle ne raconte son histoire. Car rien ne vient confirmer ce scénario fragile dont seuls quelques détails nous sont livrés, qui ne se précise jamais et demeure illusoire, enfermé dans le cadre trop étroit de son écran, malgré les amorces d’intrigue qui provoquent nos sensations. Dans ce travail, il n’y a ni passé ni futur, seulement un présent exacerbé, questionnant la nécessité de la mémoire, ainsi que l’essence réelle de l’œuvre.
Claire Bernstein

 
 

 
Retour 2008