Jean Charles BLAIS: Double

La galerie Catherine Issert est heureuse de présenter du 20 mai au 2 juillet 2016 une sélection d’oeuvres récentes et inédites de Jean Charles Blais. Représenté par la galerie Catherine Issert depuis 1983, cet artiste né en 1956 s’est fait connaître dans les années quatre-vingt pour ses peintures sur affiches arra- chées.

Investissant l’atelier comme un laboratoire, Jean Charles Blais conduit ses recherches en se laissant guider par les médiums et les procédés, avec au centre de ses préoccupations le corps et sa représentation, la fragmentation, le renversement, le positif et le négatif, l’absence.

En 1984, il déclarait : «Ce n’est ni la réflexion théorique, ni la définition d’un discours énoncé dans l’ordre de la pensée critique qui suscite l’évolution de ma peinture. Je travaille en ayant une grande confiance dans le processus de la peinture.1» Constance dans son travail, cet attachement au processus a mené Jean Charles Blais à explorer de larges champs d’expérimentations : investissement de l’espace urbain (Métro Assemblée Nationale - Paris, Université Léonard de Vinci - La Défense, ...), scénographie pour la compagnie Régine Chopinot, graphisme pour le Grand Théâtre de Genève, collaboration avec Jean Nouvel ou bien encore création d’oeuvres numériques... En cela, la pratique de Blais est «fait[e] davan- tage de glissements que de ruptures, d’improvisations que de programmes.2»

Son oeuvre possède donc une ambiguïté et une polysémie complexe. Mais quelque soit sa plastique, elle revient toujours à la même intention, celle de déclencher un récit par l’apparition d’une forme - celle-ci pouvant être à peine esquissée ou au contraire totalement construite. Car Jean Charles Blais aime à expérimenter «la persistance, la résistance à l’évanouissement des formes3» et pour cela, joue des limites de la figure et de la composition. Ses références proviennent d’un large champ transhistorique allant de la peinture populaire des ex-voto napolitains à Kasimir Malévitch.Ce dernier surtout joue un rôle fonda- mental, peut-être parce que «le suprématisme (...) se développe à par tir de la tension entre l’être et les choses, entre le rien et les objets, entre le "néant" et le "quelque chose"4», ce qui se traduit chez Blais comme un «processus alternant figuration et dé-figuration, qui se déroule dans la spatialité et la matéria- lité [de l’oeuvre].5»

Un récit profond et silencieux, qui représente plus qu’il ne démontre ; et dont le sens «est niché dans la forme, là où il y a quelque chose à voir, et, pour y voir clair, il faut parfois s’y prendre à plusieurs reprises.6»

 

 

 

  1. 1  in «Biographie», Sylvie Couderc in Jean-Charles Blais, cat. exp. CAPC, Bordeaux, 1984.

  2. 2  in «Jean-Charles Blais», Jean-Louis Andral, cat. exp. Jean-Charles Blais, Musée Picasso d’Antibes, 2013

  3. 3  entretien de Jean-Charles Blais avec Jean-Louis Andral, cat. exp. Jean-Charles Blais, Musée Picasso d’Antibes, 2013

  4. 4  in Jean-Charles Blais, Armin Wildermuth, 1990

  5. 5  ibid.

  6. 6  entretien de Jean-Charles Blais avec Jean-Louis Andral, cat. exp. Jean-Charles Blais, Musée Picasso d’Antibes, 2013