François MORELLET: 25 ans de noces d'art

À l’occasion de son quarantième anniversaire, la galerie Catherine Issert est heureuse de présenter une nouvelle exposition de François Morellet. Complice de longue date (25 ans de présence au catalogue), cet artiste fut déjà à l’honneur en 2005 pour les 30 ans de la galerie, qui montrera cette fois-ci certaines de ses oeuvres réalisées entre 1972 et 2015.

Né en 1926 à Cholet où il vit et travaille, François Morellet est un artiste autodidacte. Cher- chant à extraire toute subjectivité du processus de création, il imagine en 1952 une syntaxe « systématique » qu’il construit en s’appuyant sur un certain nombre de règles plus ou moins logiques, mathématiques et contingentes. Il y convoque un vocabulaire géométrique et abstrait lui permettant de construire des compositions basées sur les principes de juxtaposition, de superposition, de hasard, d’interférence et de fragmentation. Son œuvre peut donc prendre des formes très variées, allant de la peinture à l’installation en passant par l’architecture. Morellet crée ainsi un « désordre discret et absurde » qui rejoue l’histoire de l’art et en particulier celle de la modernité : un hommage non dénué d’humour à ses aînés, notamment Van Doesburg, Mondrian, Max Bill, Moholy-Nagy, Lissitzky, Duchamp, Malevitch, Picabia...

Il faudrait encore des pages et des pages pour raconter la démarche complexe, riche, évolutive de cet ar tiste ; aussi mieux vaut-il laisser la parole à Morellet lui-même : « On me demande de réduire à une phrase des années de travail, reflet de mon « moi » unique, complexe et insaisis- sable. La voilà, cette phrase grotesque, mutilante, minuscule et déjà bien trop longue pour servir à un dictionnaire ou à un jeu radiophonique : Morellet, fils monstrueux de Mondrian et de Pica- bia, a développé depuis 1952 tout un programme de systèmes aussi rigoureux qu’absurdes, utilisant les figures les plus simples de la géométrie (droites, angles, plans) avec les matériaux les plus divers (toiles, grillages, néons, acier, adhésifs, branches...) sur toutes sortes de supports (toiles, murs, statues, architectures, « paysages »...) ».

Des œuvres donc, à voir plutôt qu’à dire, à la galerie Catherine Issert à partir du 11 septembre 2015.

 

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On the occasion of its 40th anniversary, the Galerie Catherine Issert is delighted to propose a new exhibition of works by François Morellet.A long-standing associate (present in the gallery's catalogue for 25 years), this artist was already awarded a place of honour in 2005 for the galle- ry's 30th anniversary.This time, it will be exhibiting some of the works produced from 1972 to 2015.

Born in 1926 in Cholet, where he still lives and works, François Morellet is a self-taught artist. Aiming to banish all subjectivity from the process of creation, he came up with a "systematic" syntax in 1952 which he compiled by applying a certain number of rules, more or less logical, mathematical and contingent. He adopted a geometric and abstract vocabulary enabling him to build compositions based on the principes of juxtaposition, layering, chance, interference and fragmentation. His work could then take very diverse forms, ranging from painting to installa- tions and architecture. Morellet thus created : "discreet and absurd disorder" in a replay of the history of art and, in particular, that of modern art : a tribute, not devoid of humour, to his elders, especially Van Doesburg, Mondrian, Max Bill, Moholy-Nagy, Lissitzky, Duchamp, Malevitch, Pica- bia...

Many more pages would be required to describe the rich, complex and evolutive path trodden by this artist ; it is therefore much better to give the floor to Morellet himself : "I am asked to condense into a single phrase years of work, the reflection of my unique self, complex and elusive. So here it is, this phrase, grotesque, mutilating, tiny, yet already too long to be used in a dictionary or radio game : since 1952, Morellet, the monstrous son of Mondrian and Picabia, has developed a comprehensive programme of systems both rigorous and absurd, using the simp- lest elements of geometry (straight lines, angles, planes) with the most diverse materials (canvas, grids, neon, steel, adhesives, rods...) on all kinds of supports (canvas, walls, statues, architectures, "scener y"...)".

Works, therefore, to be seen rather than talked about, at the Galerie Catherine Issert, from September 11th, 2015.