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MATHIEU SCHMITT
shelters, 7 March - 25 April 2026

MATHIEU SCHMITT: shelters

EN COURS exhibition
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Oeuvres
  • Mathieu SCHMITT Sans titre ( Shelter series ) , 2026 41,5 x 33 cm
    Mathieu SCHMITT
    Sans titre ( Shelter series ) , 2026
    41,5 x 33 cm
  • Mathieu SCHMITT Sans titre ( Shelter series ) , 2025 51 x 40 cm
    Mathieu SCHMITT
    Sans titre ( Shelter series ) , 2025
    51 x 40 cm
  • Mathieu SCHMITT Sans titre ( Shelter series ) , 2026 65 x 54 cm
    Mathieu SCHMITT
    Sans titre ( Shelter series ) , 2026
    65 x 54 cm
  • Mathieu SCHMITT Sans titre ( Shelter series ) , 2026 33 x 24 cm
    Mathieu SCHMITT
    Sans titre ( Shelter series ) , 2026
    33 x 24 cm
  • Mathieu SCHMITT Sans titre ( Shelter series ) , 2025 56 x 44 cm
    Mathieu SCHMITT
    Sans titre ( Shelter series ) , 2025
    56 x 44 cm
  • Mathieu SCHMITT Sans titre ( Shelter series ) , 2025 80 x 60 cm
    Mathieu SCHMITT
    Sans titre ( Shelter series ) , 2025
    80 x 60 cm
  • Mathieu SCHMITT Sans titre ( Shelter series ) , 2026 190 x 150 cm
    Mathieu SCHMITT
    Sans titre ( Shelter series ) , 2026
    190 x 150 cm
Présentation
MATHIEU SCHMITT, shelters

Pour développer cette série de peintures et de dessins, Mathieu Schmitt a conçu un dispositif électromécanique et des programmes informatiques capables de guider stylos-billes, crayons ou pinceaux sur une feuille de papier ou sur une toile. 

 

Mathieu Schmitt dialogue avec l’intelligence artificielle partageant ses intentions concernant la représentation  qu’il souhaite obtenir tout en affinant la description au fur et à mesure de la conversation. L’exposition « shelters » invite à découvrir ces travaux récents, où se mêlent projets architecturaux utopiques, bouquets de fleurs, de nombreux abris, ainsi que celles et ceux qui les bâtissent.

 

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To develop this series of paintings and drawings, Mathieu Schmitt designed an electromechanical device and computer programs able of guiding ballpoint pens, pencils or brushes across a sheet of paper or a canvas.

 

Mathieu Schmitt engages in dialogue with artificial intelligence, sharing his intentions regarding the representation he wishes to achieve while refining the description throughout the course of the conversation. The exhibition “Shelters” invites viewers to discover these recent works, where utopian architectural projects, bouquets of flowers, numerous shelters, and those who build them intertwine.

Les Sentinelles d’une Archéologie du Futur.

 

Dans ses Pensées Blaise Pascal écrivait vers 1670, « La machine arithmétique produit des effets qui approchent plus de la pensée que tout ce que font les animaux ; mais elle ne fait rien qui puisse faire dire qu'elle a de la volonté, comme les animaux. »

 

À la Galerie Catherine Issert, Mathieu Schmitt nous invite à franchir le seuil d'un temps suspendu. La présence des machines et de l'artiste la transforme en une sorte de centre de recherche post-apocalyptique dans la lumière de Saint-Paul-de-Vence. Ici, l’intelligence artificielle ne prédit pas le futur mais se souvient d’un monde où l’homme n’est plus qu’une rumeur. Contrairement à la Pascaline qui ne faisait que calculer sans vouloir, les machines de Mathieu Schmitt semblent douées d'une intentionnalité nouvelle puisqu’elles prolongent la volonté de leur créateur. L’instrument ne se contente pas d'imprimer, l’artiste lui délègue le geste par le bras mécanique et l’outil avec le stylo Bic ou le pinceau.  Ce mécanisme qu'il a conçu se présente sous l’aspect d’un dispositif qui imite l'hésitation de la main, la hachure, la touche pour donner corps à un monde où l'humain a disparu et où s’élaborent les plans de notre absence. Dans le silence de la galerie, un pinceau dépose sur un fond blanc non uniforme de la peinture selon un dessin préétabli que le spectateur découvre lentement. Mathieu Schmitt, sculpteur de formation, a confié à l’automate le soin de devenir peintre. Ici, la technologie n’est pas un outil de rendement, c’est une main patiente qui dépose la peinture, millimètre par millimètre, pour redonner corps à un paysage fantasmé. Elle n’est pas non plus une œuvre, mais elle fait œuvre. Alors que Blaise Pascal cherchait à soulager l'esprit humain du travail de mémoire et de calcul, Mathieu Schmitt, lui, semble vouloir innerver dans son outil l’élément qui lui fera quitter sa froideur : l’empathie. La Pascaline calculait des chiffres neutres, la machine du plasticien estime des intentions, la pression d'une brosse, l'usure de l'encre, la vibration d'un trait. Elle n'est plus seulement arithmétique, elle est gestuelle.

 

Les grands dessins au stylo bille produits par son assistant mécanique donnent à observer des territoires d’où l’humain s’est retiré, ce sont des relevés topographiques d'un monde sans nous. Le choix du stylo Bic est ici fondamental puisqu’il est l'outil du peu, du bureau, de l’écolier, du quotidien, de la note griffonnée. Pourtant, par leur précision obsessionnelle et la densité de leurs hachures, ces compositions évoquent irrésistiblement les gravures qui illustraient les récits de Jules Verne au XIXe siècle. On y retrouve cette même volonté de cartographier l’inouï, de documenter avec une rigueur de naturaliste des paysages aux confins de l'imaginaire.  Voir une machine de précision reproduire l'hésitation d'un tracé ou l'usure d'une bille d'encre sur un format monumental crée un vertige et propose un anachronisme poétique où le geste algorithmique retrouve la patience de l’artisan. Le programme interprète le prompt que Mathieu Schmitt lui a donné et suit à la lettre le code qu’il lui a construit, comme un musicien joue une partition, avec la volonté délibérée de faire apparaître un monde disparu. Ce qui n'exclut pas pour autant que l'erreur, le bug, la bavure du stylo puisse surgir et est acceptée comme une forme de beauté. Aussi la question de savoir si l’appareil veut ou non, devient secondaire, ce qui compte c’est l’émotion que le résultat produit en nous. C’est par ce bleu technique, presque chirurgical, que le plasticien nous convie à une plongée dans ce conservatoire pour une Terre qui nous a survécu, où les instruments ne servent plus à produire, mais à protéger. Des drones pollinisent les fleurs, des robots dédomesticateurs de bovins accompagnent les animaux. Dans une dystopie classique, la mécanique remplace l'humain pour le détruire ou l'asservir. Ici, chez Mathieu Schmitt, dans ce monde post-humain, la technique est restée au service du vivant, comme un dernier geste de bienveillance laissée par notre espèce avant de s'effacer, l’ingénierie semble avoir hérité de notre part la plus noble — la sollicitude — sans pour autant avoir besoin de nous. Cependant, face à ces engins et ces refuges suspendus le doute s'installe, s'agit-il du testament d'une humanité repentie ou de l'autonomie créatrice d'une intelligence qui, après la disparition de notre civilisation, aurait décidé de prendre soin du monde ? Sont-ils le prolongement ultime de notre acte de réparation, des objets de prévenance laissés en héritage pour que le monde ne s'effondre pas ? Ou sont-ils simplement les servants froids d'un programme qui ignore tout de la vie qu'il entretient ? Mathieu Schmitt laisse ces questions en suspens et dans le grincement de ses automates l’on peut entendre une forme d'indifférence qui, ironiquement, ressemble à s'y méprendre à un amour infini. Le ton est mélancolique, la mécanique fidèle continue d'exécuter un rituel de protection, alors que les programmateurs se sont évaporés.

 

S'éloignant de la vision nostalgique du bleu Bic, une série de toiles, par sa gamme chromatique plus sourde invoque une vision davantage tellurique. Sur des fonds blancs vibrants, la machine déploie cette fois des bruns profonds, des marrons terreux, des pourpres sombres et des verts végétaux., sapin, sauge, tilleul… Ici, le programme de Mathieu Schmitt ne cherche plus la ligne, mais la touche, les effets de matière pour revenir sur des thématiques intemporelles, bouquets de fleurs et paysage et faire surgir des personnages à la jeunesse spectrale. Une part importante est donnée par l’artiste au thème du bouquet. Ces floraisons convoquent l'héritage de la peinture classique et la tradition de la nature morte, où chaque pétale porte le poids de l'éphémère. Dans ce monde post-humain, la vanité est redoublée par la machine qui s'acharne à fixer la délicatesse absolue des fleurs dans un vase avec une endurance mécanique. Revêtus d’un costume folklorique lorrain de pure invention, des êtres sans genre défini semblent agir tels les gardiens de ce temps suspendu et s'affairent à l’édification de cabanes dans un milieu naturel. Générée par l’intelligence artificielle imaginative les vêtements et parures évoquent un passé qui n'a jamais existé. Les refuges, ainsi construits par leurs soins, parfois juchés sur de frêles pilotis, ou au ras du sol ne sont que des entrelacs de branches et de cordes, des architectures arachnéennes qui semblent flotter ou s’enraciner. Tout dans ces peintures respire la légèreté et la vulnérabilité volontaire. Il ne s'agit pas de conquérir le paysage, mais de s'y nicher. Gaston Bachelard, dans La Poétique de l'espace, comparait déjà la maison à un nid. Ces cabanes sont des abris de fortune au sens le plus noble du terme, des lieux où l’on se sent chez soi précisément parce qu'ils sont fragiles, témoins d’une humanité - ou d’une post-humanité - qui a troqué le béton pour le souci de l'éphémère par le choix d’une construction de la survie douce. Devant ces toiles résonne la pensée de Marielle Macé dans son ouvrage Nos Cabanes. Dresser une cabane, c’est « s’adresser au monde », c’est choisir d’habiter la précarité plutôt que de dresser des édifices durables, c’est incarner cette « politique de l’abri ». Les machines que Mathieu Schmitt fait travailler sous nos yeux dans la galerie utilisent une technologie futuriste pour mettre en scène d’énigmatiques bâtisseurs qui habitent le monde avec une économie de moyens qui confine au sacré. Ces individus sont les nouveaux ancêtres d'un monde qui a appris à recycler nos erreurs et compris la leçon de la fragilité. Ou bien sont-ils des mirages numériques, produits par une machine qui simule notre besoin de care, parce que leur syntaxe binaire ne leur permet pas de faire autrement ?  

En lien avec cette série de peintures le regard est intrigué par des stèles d'un genre nouveau. Ici, Mathieu Schmitt retrouve son geste de sculpteur, mais il le déplace sur un support qui est la signature même de notre ère, le plastique recyclé. Ce matériau, d’un blanc éclatant, moucheté aux allures minérales ou végétales, auquel le sculpteur donne une nouvelle vie de roche synthétique, possède en soi l’ironie tragique du déchet que nous avons légué à la Terre, capable de durer des siècles dans les strates du sol et les océans. En y gravant des bas-reliefs, l'artiste transforme notre pollution en pierre sacrée, en un support d'éternité pour une mythologie qui reste à inventer. Sur ces plaques immuables apparaissent les portraits des constructeurs. Ce sont les effigies de ces mystérieuses sentinelles des peintures voisines, qui dressent des huttes de branches légères effleurant à peine le sol sans jamais le blesser.

Dans l’éclat de la galerie entre l’apaisement procuré par le bleu et la blancheur éternellement éblouissant du plastique, Mathieu Schmitt nous laisse habiter ce doute. Il nous offre une vision de science-fiction du sensible d’un monde post-anthropocène, où la machine, héritière de Pascal, n'a peut-être pas de volonté propre, mais possède la mémoire de nos gestes les plus nécessaires, celui de prendre soin et de faire cabane.

 

Isabelle de Maison Rouge

Février 2026

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