LE CIEL EST TOUJOURS OUVERT : Alexandre Dufaye, photographies — Ryoko Sekiguchi, textes
Dans cette année consacrée au Bicentenaire de la Photographie, l’exposition qui réunit le travail d’Alexandre Dufaye et de Ryoko Sekiguchi s’inscrit ici en résonance au concept de photolalies cher à l’écrivain et photographe Denis Roche. Ce qui pourrait se traduire par « lumière des murmures » désigne la parole des images : un dialogue qui surgit entre les images, entre les images et les textes. C’est aussi le pouvoir de cet air qui est entre les choses. Comme si lorsque la photographie est là, quelque part le réel disparaît à nouveau.
L’exposition s’articule en deux parties, entre la galerie de l’ancien bagne et les étages du pavillon. Elle est traversée de part en part par cet air qui est entre les choses, entre l’écriture et l’image. On se laisse prendre par une succession d’états qui dépasse la narration selon une logique de tensions et de respirations. La première partie semble redonner les contours d’un visible qui nous a échappé (définition spatiale et architecturale de l’asile de San Servolo, présences fantomatiques, murmures). Le spectateur est alors mené par une dérive progressive vers une tout autre perception : une nouvelle ellipse entre approche organique et dimension métaphysique.
Le titre de l’exposition, Le ciel est toujours ouvert, agit comme un fil conducteur et une promesse. Malgré les murs, malgré l'enfermement d'autrefois, le ciel de la lagune est resté le seul témoin immuable des trajectoires fragiles. En faisant dialoguer l'image photographique et le verbe, cette exposition propose une expérience sensorielle et mémorielle.

