Né en 1936 à Nîmes.
Vit et travaille à Nîmes

Claude Viallat s’installe à Nice de 1964 à 1967 où il enseigne à l’école nationale des arts décoratifs En 1966, il renonce au tableau de chevalet comme au pinceau et invente une forme qui habite dans une trame régulière toutes ses peintures. Il applique son empreinte au pochoir, de manière répétitive, à l’aide d’une plaque de mousse de polyuréthane plongée dans la peinture et appliquée directement sur la toile non apprêtée.

En 1969, Claude Viallat rejoint le groupe Supports/Surfaces. Les artistes de ce mouvement partagent une interrogation sur les constituants matériels de la peinture (toile, châssis, pigment) dont ils proposent des déconstructions analytiques aboutissant à des systèmes de production picturaux par marquage, empreinte, trempage… Le geste pictural déborde largement le contexte traditionnel du tableau pour investir aussi des situations spatiales complexes et des matériaux quelquefois insolites.

Au début des années 80, l’emploi de bâches militaires lui permet de réaliser des oeuvres monumentales et de prendre en compte l’architecture et l’espace (Capc Bordeaux, Centre Pompidou à Paris, Biennale de Venise, Quick à Nîmes, Plafond du Conservatoire de musique d’Annecy, Bibliothèque Nationale de France à Paris, Abattoirs à Toulouse…).

 

Membre fondateur de Supports/Surfaces, son œuvre en incarne l’esthétique. Il en poursuit sans relâche l’expérimentation constitutive. Son travail, terme que la théorie Supports/Surfaces oppose à art ou création artistique, est fondé sur la répétition d’une forme simple fonctionnant comme un logo. Mais la forme, soi-disant trouvée par hasard, dont l’apposition sur un support découlerait des jeux décoratifs de l’habitat méditerranéen, n’est pas indéfinie, comme on l’a trop dit ou trop écrit. Il s’agit d’une forme organique aux signifiés indéniablement anthropomorphiques. Son usage permet donc, la déconstruction du tableau en ses constituants matériels effectuée, de reprendre, comme à l’origine, le travail de la peinture, d’organiser la navette dialectique entre la pratique et la théorie.C’est, depuis 1966, sur des supports de toile libre que ne structure plus un châssis que Claude Viallat appose sa forme. C’est la matière du support imprégné qui donne à la forme, en fonction de son tissage, de sa texture, un contour plus ou moins net, une intensité de ton plus ou moins forte. L’art de Claude Viallat se caractérise par la somptuosité de la couleur qui l’impose comme l’un des grands coloristes de l’histoire de la peinture occidentale. 

Les œuvres de Claude Viallat ont été exposées dans la plupart des lieux d’Europe, d’Amérique et d’Asie dédiés à la présentation de l’art moderne et contemporain, et figurent dans la plupart des grandes collections publiques et privées.A Constantine, en Algérie alors qu'il fait son service militaire, Viallat rassemble ses références artistiques en une série de petites peintures sur planches de bois. Parmi elles, en souvenir des personnages de La Danse et des papiers collés de Matisse, des figures stylisées aux couleurs de terre et d'une matière plutôt épaisse et granuleuse. Les formats sont allongés, pris dans le sens vertical. Les figures, cadrées serré, semblent à l'étroit dans l'espace qui leur est imparti. Elles dansent, mais à la différence de celles de Matisse, leurs mouvements restent tout entier contenus dans le tableau. Elles ne sortent pas encore du cadre. L'œuvre de Matisse est donc présente au début et ne cessera d'interroger Viallat, de stimuler, d'induire ses choix et ses partis pris picturaux